Dans le marketing moderne, les médias sociaux représentent le socle de votre image de marque. L’enjeu est simple : qui dit une grande visibilité, dit une plus grande notoriété.
Afin de donner une illusion de popularité en augmentant le nombre de fans et autres followers, les entreprises et les particuliers peuvent acheter en masse des abonnés Twitter, Facebook ou encore acheter par milliers des vues sur Youtube, moyennant des frais à un prestataire spécialisé.
On trouve sur la place de nombreuses entreprises qui vous livrent des abonnés par pack de 1000, et leur existence a toujours été source de polémique.
Bien que je n’ai, moi même, jamais acheté un seul abonné (…mon nombre de followers Twitter ne dépasse pas la barre des 4000 twittos depuis des années…), je constate que l’Internet entier se lève contre les fakes influencers. Ce sont des « arrivistes » qui utilisent justement ces pratiques. Ils sont présentés comme de simples tricheurs égocentriques, car ils ont échangé quelques $ pour incrémenter un compteur…
En tant que marketeur de métier, je reste perplexe par rapport à cette « croisade contre le fake« . Curieux, j’aimerais prendre du recul et poser des questions plus globales :
Je vais vous partager dans cet article, en 2 500 mots, les réponses personnelles que j’ai à ces questions…
Il est certain qu’en choisissant mal votre prestataire, vous pouvez facilement tomber dans de l’achat de comptes « zombies », qui ne font que donner l’illusion de communauté.
Le pire cauchemar est quand le compteur retombe:
Le New York Times a d’ailleurs testé plusieurs services qui proposent d’acheter des vues sur Youtube. Leur bilan montre qu’avec certains services, le compteur est retombé comme un soufflet, après avoir été filtré par le service anti-spam de Youtube.
Il faut savoir que sur les réseaux sociaux, il y’a toujours une part de traffic de « bots ». C’est un des problèmes du web, et ce n’est pas nouveau. C’est d’ailleurs pour cela que IAB a mis en place un standard de viewability, qui permet de contrer une partie du trafic frauduleux (car un bot ne peut pas réellement laisser une publicité affichée pendant 1 sec à l’écran).
La bonne nouvelle pour les utilisateurs, c’est que les plateformes sont rentrées en guerre contre « les fausses vues » et les faux comptes. Ils les traquent, les filtrent, les suppriment et renforcent toujours plus leurs défenses contre ce qu’ils jugent comme du spam, et qui nuit à la crédibilité de leurs services.
« On n’est jamais mieux servi que par soi même » dit l’adage.
Vous retrouverez de nombreux tutoriels sur la toile POUR apprendre à détecter de fausses vues, de faux fans ou de faux likes… Ils vous suffit d’une simple recherche Google pour les trouver.
Et heureusement pour les marketers, il existe de nombreux outils qui leur permettent de détecter les « faux » sur les réseaux sociaux:
Le grand public, comme les marketers, ont donc à leur disposition de plus en plus de ressources pour vérifier l’authenticité de leur communauté.
Soyons clairs; il y’a des escrocs qui vous vendent volontairement des bots & des faux comptes en guise d’authentiques vues, fans, followers et tout ce que vous voulez… Et certains y arrivent encore. Mais le sujet de cet article n’est pas de débattre du niveau d’escroquerie de cet industrie.
Comment s’y prennent ces acteurs qui vous promettent des résultats en un temps record?
La réponse est simple: la publicité.
Ces business utilisent un moyen connu de tous pour faire gagner des abonnés à leurs clients; ils activent les leviers médias mis à disposition par les plateformes en question.
Hormis pour celles dont le business model repose sur des bots farms, le cœur de métier de ces entreprises est d’acheter, au prix le plus bas possible, le résultat escompté et de le revendre avec une marge:
Moi même, je traite avec de grands annonceurs au quotidien, et je peux vous assureR que tous demandent à ce que leurs budgets publicitaires rapportent le maximum de résultats (même si il s’agit parfois de vanity metrics). Et après tout, ceux qui « achètent » le plus de média ne sont pas toujours ceux qui réussissent le plus mal. Et bien entendu, la plupart des marques sont disposées à payer pour amplifier leur nom dans un laps de temps court, avec l’espoir de toucher parmi la masse des personnes disposées à acheter leur produits.
Les entreprises qui vous vendent des abonnés utilisent donc la publicité pour vous ramener vues et followers… certes. Mais il ne faut pas non plus s’attendre à ce que ces derniers aient été minutieusement sélectionnés, avec un targeting chirurgical (« on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre » ). Le plus surprenant quand on s’intéresse à ces services qui vendent des abonnées ou des vues, c’est que de nombreuses commandes proviennent en réalité de sociétés de relations publiques ou d’agence marketing, qui ont elle même vendu des retombées faramineuses à leur annonceur…
Or à de tels prix, vous pouvez être certain que les publicités ciblent… tout le monde, sans faire de distinction. Car la publicité, c’est comme tout: si vous recherchez une audience « rare » (dans une certaine zone géographique, avec un certain profil & des intérêts particuliers), vous paierez plus cher.
Pour limiter les effets pervers d’une publicité « au bazooka », les entreprises qui vendent ces services créent des offres faites pour donner confiance aux annonceurs.
C’est ainsi que certains prestataires se veulent plus rassurants. Fastlikes.fr par exemple présente ses méthodes comme sûres et fiables pour vous permettre d’acquérir une réelle célébrité sur les réseaux sociaux. Les services proposés vous permettent d’acheter des followers Instagram, sur Twitter, mais aussi l’achat de fans sur Facebook, de vues sur YouTube.
Pour rassurer sur la qualité du travail, l’entreprise offre même une garantie d’un mois contre d’éventuels followers ou vues qui déserteraient trop vite…
Mais est-ce que toutes ces histoires de compteur ne nous détourneraient pas du « vrai »? A savoir, la question primordiale du résultat…
Dans ce brouhaha où s’entremêlent fausses vues, faux comptes créés à la chaîne, perte de crédibilité de certains influenceurs… les gens prennent des raccourcis et n’hésitent pas à « jeter le bébé avec l’eau du bain ».
Car je le répète, il ne faut pas mettre dans le même sac « fraude » et « publicité ». Pour une plateforme comme Facebook notamment, si vous ne faites pas de publicité, vous avez peu de chance d’être vu par quiconque… Et vous allez voir que même avec une publicité « ultra optimisée », un business peut arriver à faire décoller ses revenus en faisant sa promotion sur les réseaux sociaux.
Les publicités sur Youtube sont régies par un système d’enchères. Vous savez, il s’agit là de ces publicités qui sont diffusées avant la vidéo que vous voulez voir et que vous pouvez « ignorer ».
Les meilleurs professionnels de l’achat média en ligne sont capables d’obtenir des résultats pour des coûts très bas. Comme le montre la capture d’écran ci-dessous, l’entreprise dont je vous parle a réussi à acheter quasiment 300 000 vues Youtube à un prix de 0.004€ par vue.
En voyant ces chiffres, les marketeurs dubitatifs se poseront forcément la question suivante: est-ce que cela a eu un quelconque impact sur le business de l’annonceur? La réponse est oui…
Non seulement le chiffre d’affaires en provenance des publicités à quasiment été doublé, mais en achetant mieux, l’entreprise a réussi à augmenter son ROI jusqu’à 539% !
Autrement dit, le business gagne 539€ de ventes chaque fois qu’il investit 100€ en publicité. C’est une rentabilité tout à fait honorable pour ce type de publicité !
D’ailleurs, l’entreprise en question ne mise pas que sur l’achat de vues pour développer son chiffre d’affaires. Elle utilise également d’autres leviers payants, tout aussi bien acheté, qui arrivent à contribuer de manière rentable à leur croissance.
Les enseignements de ce cas réel sont donc les suivants:
- Investir (correctement) dans la publicité peut avoir un impact sur vos ventes
- Ce n’est toujours pas parce que vous achetez « pas cher » que cela ne marche pas
- Il vous vous faut toutefois une expertise très pointue pour arriver à avoir le beurre (les ventes qui décollent) et l’argent du beurre (une publicité pas chère)
Au fond, le « savoir faire » publicitaire ne fait qu’une partie de la réussite. Car pour obtenir de tels résultats, vous ne devez pas oublier un élément crucial: la qualité de ce que vous proposez.
Quelque soit le nombre de fans / abonnés, il ne faut jamais se laisser déconcentrer par une vanity metric. Ce n’est pas sur elle que vous construirez un business et une image florissante sur le long terme (surtout si vous les achetez mal et que les plateformes vous les suppriment après coup).
Pour tenir sur le long terme et vraiment créer une présence pérenne et saine, vous ne pouvez pas passer outre la qualité de votre contenu. Comme je le disais dans un précédent article, « acheter son trafic n’est pas une garantie de faire décoller le business »! Donc il en va de même avec le fait d’acheter des followers Instagram.
Comment un business tel que celui dont je viens de vous parler peut y arriver?
Car en effet, même si chaque vue n’a seulement coûté que 0.004€, la vidéo, elle, était professionnelle, authentique, intéressante et donnait réellement envie de se rendre sur le site pour acheter.
L’échec de certains business trouve racine non pas dans le fait qu’ils ont « acheté » 10 000 vues ou 5000 likes… Car ce que les entreprises achètent au travers des packs de 1000, 10 000, 100 000 ou 1 millions de followers ne remplace en rien la qualité intrinsèque de ce qu’elles proposent. La vraie raison est que leurs contenus sont peu qualitatifs, ne captivent pas les foules et que leurs offres ne sont pas capable de convertir.
Trop souvent, les marketeurs pensent (à tort) que leurs produits, leurs contenus, et toutes leurs publications sont géniales, et que le seul ingrédient manquant est « l’exposition » auprès de milliers de personnes. Et bien souvent, après avoir fait de la publicité tout azimut, après avoir augmenté leur nombre d’abonnés, ils n’ont toujours pas plus de résultats… Quel est le problème? Et bien simplement que le contenu, au départ, n’était pas si bon que ça…
Or combien de marques ont privilégié les compteurs sur les médias sociaux au sacrifice de l’engagement et de la qualité de leur offre?
In fine, il ne s’agit pas d’un chiffre sur un compteur…
C’est avant tout une histoire de confiance en un nom. Car le vrai enjeu n’est pas d’acheter ou pas des abonnés, mais de savoir comment conserver sa crédibilité. C’est la vraie question business derrière l’achat de fans, de vues ou de quelconque métrique sur les réseaux sociaux.
En achetant ces services auprès du mauvais prestataire, les marques et les influenceurs peuvent émailler la confiance de leur communauté, et parfois leur réputation entière.
Est-ce que cela veut dire que vous ne devriez jamais avoir recours au « paid »? Pas le moins du monde.
Il est encore prouvé, en 2018, qu’atteindre une audience plus large permet effectivement de développer ses ventes, comme l’a montré le cas que je vous ai exposé plus haut. La publicité reste une solution quasi-indispensable pour industrialiser une marque et en faire un business à grande échelle.
Autres sources pour rédaction:
The Flourishing Business of Fake YouTube Views
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