Dans l’univers numérique en constante évolution d’aujourd’hui, l’ergonomie des sites mobiles est devenue un facteur crucial pour captiver et maintenir l’engagement des utilisateurs.
Cependant, ce que de nombreux concepteurs ignorent, ce sont les pièges subtils tendus par notre propre cerveau : les biais cognitifs. Ces mécanismes psychologiques, qui façonnent notre perception et nos décisions, jouent un rôle déterminant dans l’expérience utilisateur (UX).
Un biais cognitif est une distorsion systématique dans le traitement de l’information par notre cerveau. Ces biais sont le résultat de stratégies mentales, souvent inconscientes, qui simplifient la prise de décision dans un monde complexe.
Ils peuvent se manifester sous diverses formes, comme la tendance à privilégier les informations confirmant nos croyances préexistantes (biais de confirmation) ou notre incapacité à appréhender correctement les probabilités (biais de disponibilité).
Les biais cognitifs sont automatiques et involontaires et c’est pour cela qu’ils sont particulièrement utilisés comme techniques de persuasion. Bien qu’involontaires, les biais cognitifs sont prédictibles. Savoir les reconnaitre et les maitriser, permet donc de les exploiter pour proposer une interface claire et engageante aux utilisateurs.
Les biais cognitifs ont un impact significatif sur la perception que l’utilisateur a d’un produit ou d’un service. Par conséquent, l’expérience utilisateur et l’image de la marque en sortiront affectées aussi.
La maîtrise des biais cognitifs est très utile pour l’ergonomie des sites mobiles, car elle permet de comprendre les motivations des utilisateurs et d’anticiper leur façon d’interagir avec un produit, ou bien un service. Cela favorise une expérience d’achat réussie et potentiellement aide à augmenter le taux de conversion et le retour sur investissement (ROI).
De nouvelles best practices s’imposent donc en matière d’ergonomie pour les sites mobiles :
Ces points viennent s’ajouter aux critères déjà présents aujourd’hui pour les landing pages et notamment :
Mais aussi aux critères à appliquer tout au long du funnel :
Savoir identifier les biais cognitifs est important, mais savoir s’en servir pour les exploiter pendant tout le parcours d’achat est essentiel pour optimiser ses conversions.
Nous pouvons identifier trois étapes cruciales de l’expérience utilisateur lors de sa visite sur un site.
Pour chacune de ces phases, il est possible de s’appuyer sur des biais cognitifs bien précis afin d’en tirer le maximum.
First Impression : pendant cette première phase de découverte, le biais qui entre en jeu est le “Anchoring bias” ou “Biais d’ancrage” en français.
Le biais d’ancrage est la tendance à donner un poids disproportionné à la première information rencontrée, même si elle n’est peut-être pas la plus pertinente ou exacte. L’ordre dans lequel les informations sont présentées peut créer un ancrage. Les éléments présentés en premier ou en dernier peuvent être mémorisés plus intensément et avoir un impact direct sur le choix final.
Choice : pendant cette phase fondamentale de décision, plusieurs biais cognitifs peuvent être engagés.
Le “Authority bias” ou “biais d’autorité”, implique que les prospects ont tendance à être plus facilement influencés par la présence d’une personnalité de renom, même si elle n’a rien à voir avec le contenu ou le produit en soi. Afin de faire appel à ce biais, mettez en avant les verbatims des clients, les avis et les prix gagnés (si le cas se présente). Faites levier sur ce qu’ont fait les autres utilisateurs et accompagnez progressivement les prospects pendant leur processus d’abonnement. Tout cela les rassure sur la qualité de votre site et de votre produit.
La “Fitt’s Law“ est couramment utilisée pour optimiser la disposition des éléments interactifs sur les écrans et pour déterminer la convivialité des interfaces. La loi de Fitts est souvent appliquée dans la conception d’interfaces pour minimiser les erreurs de sélection et rendre l’expérience utilisateur plus fluide. Il est important de considérer l’espacement des différentes zones et surtout leur utilisation et leur distance des doigts de l’utilisateur. Les CTAs doivent être toujours visibles pendant le scroll et être de bonne taille (9mm) afin de pouvoir être cliquable rapidement par le pouce. Préférez les boutons visuels quand le nombre d’options est limité, aidez les utilisateurs à revenir rapidement vers le haut de la page et utilisez des sliders pour proposer différentes options.
Le “Isolation effect” ou “effet d’isolement” en français, indique qu’en présence de plusieurs objets similaires, celui qui différent des autres est le plus susceptible d’être retenu. Il faut, par exemple, proposer différentes options et pré-ouvrir ou mettre en évidence la plus importante. Si deux CTA sont présents côte à côte, il faut mettre en évidence le plus important des deux.
Le “Power of free, power of now” doit être exploité dans les CTAs. En proposant des CTAs qui présentent les mots “gratuit” ou “maintenant”, les chances de conversion d’un prospect augmentent significativement. De même, utilisez la première personne du singulier, “Je”, dans vos CTAs pour les rendre plus engageant et incitatif.
Action : nous voilà arrivés à la phase finale du funnel, là où le prospect devient à tous les effets un client en achetant notre produit ou notre service.
Le “Expedience bias” ou “biais d’efficacité” se produit lorsque nous préférons agir rapidement plutôt que prendre le temps nécessaire pour comprendre et réfléchir. Pour faire gagner du temps à l’utilisateur, activez le remplissage automatique du navigateur, utiliser les API pour remplir automatiquement son adresse, suggérez des domaines de courrier électronique courants, proposez une expérience client transparente en activant la signature électronique.
Le “Ambiguity bias” ou “biais d’ambiguïté” indique qu’il faut être explicite avec le client lorsqu’il y a des étapes importantes. L’utilisateur préfère les options avec peu d’inconnus. Pour cela, utilisez la validation en ligne, des éléments de réassurance, proposez de guidelines pour les mots de passe et et des feedbacks en temps réel pour ceux-ci et enfin des critères détaillés et personnalisables.
Le “Goal gradient effect” indique que les personnes sont motivées par ce qu’il leur reste à faire pour atteindre leur objectif. Il faut donc rassurer le client sur combien de temps et combien d’étapes lui restent pour finir le processus. Pour ce faire, on doit maintenir vive la motivation tout au long de l’entonnoir qui doit être structuré en divulgation progressive. On doit également montrer l’état d’avancement du processus en affichant sa progression.
Le “Pratfall effect” indique que les personnes sont généralement plus appréciées et attirantes lorsqu’elles commettent des erreurs ou montrent leurs vulnérabilités. En appliquant ce concept à l’ergonomie d’un site, on peut, par exemple, afficher un message d’erreur avec une touche d’humour ou d’empathie, ou encore inclure quelques éléments ludiques sur le site. Le but est d’influencer positivement l’expérience utilisateur globale, même face à un échec ou à un petit problème lors de la navigation.
L’ergonomie d’un site mobile doit tenir compte des biais cognitifs pour garantir une expérience utilisateur optimale.
En règle générale, la navigation doit être intuitive et les éléments de menu doivent facilement être reconnaissables. Les utilisateurs se sentent plus à l’aise avec des interfaces qui leur semblent familières.
Un excès d’options peut paralyser la prise de décision. Présenter un nombre limité de choix simplifie l’expérience utilisateur et favorise l’action.
Proposer quelque chose d’utile gratuitement, comme un guide ou un conseil, incite les utilisateurs à s’engager avec le site.
Utiliser des éléments tels que les témoignages ou les indicateurs de popularité pour influencer le biais de preuve sociale, encourage les utilisateurs à suivre l’exemple des autres.
Garantir des feedbacks rapides, lors d’un remplissage d’un formulaire, ou lors d’une commande, rassure les utilisateurs qui se sentent accompagnés et en confiance.
Les biais cognitifs, bien que souvent ignorés, sont des forces puissantes qui façonnent l’expérience utilisateur sur les sites mobiles. En les comprenant et en les intégrant dans la conception, il est possible d’améliorer significativement l’ergonomie et la performance des interfaces.
L’objectif est de créer un environnement où l’utilisateur se sent non seulement à l’aise, mais aussi capable de naviguer et d’interagir avec facilité et confiance. C’est dans cette symbiose entre la psychologie humaine et la technologie que réside le secret d’une expérience utilisateur véritablement efficace.
FAQ : LES BIAIS COGNITIFS
Un biais cognitif est une déviation systématique dans le traitement de l’information par le cerveau, résultant de stratégies mentales automatiques et souvent inconscientes. Ces biais influencent la prise de décision et la perception.
Les biais cognitifs jouent un rôle crucial dans l’UX en influençant la manière dont les utilisateurs perçoivent un produit ou un service. Ils peuvent être exploités pour créer des interfaces claires et engageantes.
Les biais cognitifs doivent être pris en compte pour assurer une navigation intuitive, limiter les options pour faciliter la décision, offrir des incitations gratuites, utiliser des preuves sociales, et fournir des feedbacks rapides.
L’intégration des biais cognitifs dans la conception des interfaces mobiles améliore significativement l’ergonomie et la performance. L’objectif est de créer un environnement où l’utilisateur se sent à l’aise, capable de naviguer avec facilité et confiance, résultant en une expérience utilisateur efficace.
La nouvelle est tombée, et elle laisse un goût amer à ceux qui, comme moi,…
Il existe une croyance tenace dans le monde de l'acquisition payante : si les chiffres…
Il y a une quinzaine d'années, quand j'ai commencé sur Google Ads (qui s'appelait encore…
Dans le microcosme du marketing digital, il existe un mythe tenace, une sorte de sirène…
Nous sommes en 2026. L'ère du "mot-clé" tel que nous l'avons connu pendant deux décennies…
Imaginez que vous entriez dans une soirée networking. Au lieu de saluer les gens, d'échanger…
View Comments